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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 09:10
La nuit de l'Athéna (premiere partie)
   
                Nuit après nuit, malgré la mise en garde de Shérif - quand tu n'auras plus peur tu deviendra dangereux pour toi et pour les autres - je n'ai pratiquement plus d'appréhension et je suis assez sur de moi. C'est vrai que nous sommes deux maintenant et faisons corps avec le rocher .
    Nous sommes tellement fondus dans le paysage que nombres de petits mammifères nous frôlent en réagissant seulement au dernier moment ...et encore ! Par contre j'ai toujours peur qu'ils me prennent pour un urinoir ou pire . A part dans les nuits sombres , nous notons , avec inquiétude , l'augmentation des passages de fell .
    Aujourd'hui , Djamila a sa tête des mauvais jours , elle me serre encore plus fort , regarde son frère avec méchanceté et je comprend que je vais partir seul . Banco , Shérif m'explique qu'il ne peut m'accompagner et me donne ses consignes . Si tu vois un type seul partir dans une autre direction que celles habituelles tu le suis et il ajoute en riant , mais tu ne me le pique pas , en me voyant sortir ma dague du fourreau .
      La nuit est belle , je regarde Djamila , j'ai envie de la coucher sur la natte près du bassin mais je dois partir . Elle s'accroche a moi - sois prudent et ne fait pas ce qu'il t'a dit , il n'en saura rien . Heureusement elle me l'a seulement susurrer a l'oreille qu'elle n'a pas oublier de mordiller . Je suis heureux de ne plus porter cette sacrée djellaba car Sherif a décidé que ce n'était plus nécessaire . J'apprécie les rangers a semelle souple qu'il m'a fait confectionner par un merveilleux bottier arabe .
    Je respire a plein poumon l'air de la nuit remplie de merveilleuses senteurs de fleurs et de fruits . l'oeil est aux aguets , l'oreille analyse les divers bruits qui lui parviennes et je me sens comme un fauve miniature a la recherche d'une proie . Et alors j'ai envie de rire je comprend le sens du mot "Chasseur parachutiste" et c'est la première fois ! Je suis un chasseur ! < plus tard on dira , rapace , celui qui fond du ciel sur sa proie > Je sens une plénitude en moins , ma démarche est souple mais mesurée car je ne doit pas faire de bruit . J'ausculte le paysage car je sais que d'autres savent marcher sans bruit . Je me glisse dans mon trou contre le rocher mais ce soir tout en sachant qu'en principe rien ne peut arriver dans mon dos je suis obligé de contrôler un secteur plus large . Une légère brise vient de la mer proche bien que je ne la vois pas mais je la sens maintenant .
    Des traînées de lumière m'indiquent qu'un convoi - de nuit ? - part par la route de Constantine . Les GR qui se déplacent , bizarre ! Mais je reprend une veille plus proche quand j'entend des explosions et des rafales d'arme automatiques . Puis très rapidement plus rien , même pas un coup de feu isolé . Cela venait a mon avis de cette même route . Au bout d'une demi-heure de calme je suis rassuré , encore un nerveux qui a déclenché des tirs sans raison . demain on trouvera un pauvre âne troué comme une passoire .
(a suivre)
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 09:53
Un capitaine "Guignol" , idioties et viols .
    Je ne sens pas comme Shérif une inquiétude particulière et quand Djamila offre son corps de liane a ma convoitise je suis plutôt au ciel que dans la crainte . Mais ce matin un ordre venu de l'EM m'apprend qu'une opération est monté pour investir une mechta ( un groupe d'habitations indigènes ) a proximité de la ville . Et là , je vais faire connaissance avec les conneries de l'armée Françaises . A lieu d'en confier la direction et la composition a des baroudeurs chevronnés , des cadres parachutistes par exemple , c'est un capitaine de l'intendance( ou commandant je ne me souviens plus) qui doit monter l'opération . Des gus sont ramassés dans tous les bureaux et les casernements de la place plus quelques paras du Centre et de la SEPP. Les vrais guerriers sont en opération loin de la ville .
     Par chance pour nous , le groupe des paras sera directement commandé par un vieil adjudant para ayant bourlingué depuis la campagne de France dans tous les guêpiers possibles . Au lieu de nous glisser depuis la ville par des cheminements nous amenant aux quatre points de l'horizon pour boucler cette mechta et , bien entendu , a pied , le "big boss" a décide une approche frontale en véhicule . Ce capitaine d'opérette , n'a pas du étudier la carte car il n'y a qu'une petite piste muletière en partant de la route . Je  la connais bien pour l'avoir emprunté de nuit avec Sherif .
    Je regarde la désapprobation dans le regard de mon adjudant qui n'a pas réussi a infléchir la décision de ce capitaine bedonnant .De plus les 6/6 arrivent ainsi que les GMC , ridelles hautes ......allez donc vous éjecter rapidement de tels véhicules ! Deuxième connerie de taille je m'aperçois que le convoi se dirige a grands coup d'accélérateurs vers "notre mechta" , je me penche vers l'adjudant a coté du chauffeur - y aura personne de jour - il me regarde bizarrement et éclate de rire - le contraire t'étonnerait  hein , toi l'oiseau de nuit ! Ainsi les renseignements fournis par sherif et moi sont utilisés par des branquignols qui , comme on dit vulgairement , " nous cassent la baraque ".
    Les fells vont être alertés et ne sont pas près d'y revenir . Le "Guignol" hurle , groupe A , sur la droite , groupe B sur la gauche les autres avec moi au centre . A ce moment là , j'ai envie de me tordre de rire car les jeunes hommes du village , sont déjà a mi-pente de la petite colline au dessus  et disparaîtrons bientôt dans le djebel . Et l'autre qui hurle - mais tirez , bon dieu , tirez ........ avec quoi mon capitaine , vous n'avez prévus que des armes légères ...... venant  de la cavalerie il croyait refaire la charge de  la brigade légère , ce con  ! Rigolo !
    Ce qui suit est moins drôle car sans la présence des paras , toutes les jeunes filles du village seraient passées a la casserole comme ils disent . Les paras sont peut-être  des "voyous" mais nos chefs ont su nous inculquer un sens de l'honneur . Des pauvres types ont cassés des glaces que ces  gens simples avaient eu tant de mal a se procurer et qui étaient un trésor pour eux . Je suis rentré de cette "opération" écoeure . J'y ai vu la bêtise , la vulgarité et la nocivité d'un individu qui se croit avoir a tout  pouvoir parce qu'il porte un uniforme .
    Mon adjudant aussi écoeuré que moi mais blasé me dit en souriant t'en verra d'autres et pour commencer la libération de ta classe c'est pas pour tout de suite . Cela m'a remonter le moral comme vous pouvez pas savoir !
      En arrivant chez shérif ce soir , Djamila voit tout de suite que j'ai ma tête des mauvais jours .    Sa petite bouche me dévore de baisers et le bas de son corps ondule doucement pour m'obliger a ne penser qu'a elle , a la satisfaire et sombrer dans une douce torpeur . C'est bon d'être dans se bras d'oublier la guerre , cette drôle de guerre d'Algérie . Djamila dort nue , a moitié couchée sur moi et a chaque fois que je veux me dégager , elle me serre encore plus fort .
     Cette nuit , rien n'est prévu et après mon récit , sherif est rentré dans une colère destructrice , un joli guéridon en a fait les frais . Je crois que le pitaine des " riz-pain-sel" a du soucis a se faire car je n'avais jamais vu shérif dans un état pareil .
    < en reprenant mes carnets je ne peus affirmer qu'il s'agissait d'un capitaine ou commandant de l'intendance , comme je ne me souviens plus de l'origine des autres "vatenguerres" , en particulier de ceux qui se sont si mal conduit . Avant que nous puissions intervenir avec l'adjudant , ils ont tout de mêmes violé deux ou trois filles . C'est vraiment une honte pour l'armée Française . La casse de leurs misérables objets , qui étaient sans doute des trésors pour eux , est également une honte . Mais le  pire était a venir . >
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 09:42
RELACHE......pour l'aventure et l'amour .

    Aujourd'hui c'est relâche , cela veut dire que je passerai voir mes amis sans laisser trace de mon passage . Je vais profiter de ce temps libre dégagé pour relire mes carnets , tout du moins ceux retrouvés , et voir dans quelle mesure je peux mettre en ligne des événements dramatiques qui me font encore beaucoup de mal cinquante ans après . En effet j'ai retrouvé mes notes sur la Nuit du serpent et d'après la date nous n'étions pas loin d'un événement très douloureux vécus par Philippeville et ses environs . Il est possible que je m'arrête avant cette terrible journée atroce et que je vous renvoi sur le site de Jean-Paul Castanet dont je vous indiquerai l'adresse .
    J'ai vécu un drame dont le souvenir me fait encore mal suite a ces événements . Aurais-je le courage de vous le raconter , je n'en sais rien aujourd'hui . L'Algérie pour moi , c'est dans mes souvenirs de jeunesse qu'elle tiens une grande place , et vous savez pourquoi . J'ai aimé cette terre , j'ai aimé ces gens , arabes et pied-noirs , j'ai aimé cette vie au soleil et aussi dans les nuits sous les étoiles .
    Je l'ai dit et je le répète , je ne suis pas un guerrier . J'aime la paix et j'ai horreur de la guerre . Mon aventure sous les ordres du capitaine "sherif" est exceptionnelle et je n'en tire aucune gloire . Il parait que le fait d'avoir peur et de continuer une action dangereuse est une preuve de courage ! Je ne me suis jamais senti particulièrement courageux . J'ai tout simplement essayé d'aller au bout de mes forces et de mes appréhensions !
    Mes amis , a bientôt .
    Jean le Francilien
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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 16:57

LA NUIT DU SERPENT

    Ce soir Djamila en attendant son frère , car je ne part plus seul , est très tendre . Elle se comporte plus comme une mère que comme une amante . Elle me refuse sa bouche et retiens ma main qui veut toucher ses  seins . Il me faut une patience infinie et beaucoup d'insistance pour qu'elle consente a se déshabiller dans notre petite niche a nous . Son front est chaud et ses yeux semblent avoir pleuré . D'où vient cette petite fièvre qui m'inquiète beaucoup . Mais elle ne veut rien me dire mais maintenant elle me couvre de baisers .
      L'arrivée de Sherif , bougon , tendu , n'arrange pas les choses . Je surprend dans son regard sur son frère  comme un reflet de haine et pourtant elle l'adore . Sherif m'annonce que nous devons faire preuve d'une extrême prudence . Brièvement "ça va mal , jean " et il ajoute que de graves événements se préparent . Mais  pourtant en ville pas d'effervescence particulière , les gardes ne sont pas doublées et les permissions ne sont pas refusées . Pourtant c'est vrai , j'ai remarqué des indigènes qui se parlaient doucement , chuchotaient même . Peut-être que notre "travail nocturne" me rend suspicieux  .
    Les G.R font la fête ce soir et je les trouve bien imprudent car les sentinelles rient avec les copains , le regard vers l'intérieur de leur casernement . "Les cons" me chuchote Sherif . La nuit est claire , nous connaissons chaque pierre du chemin qui part de la ravine vers notre poste de chouf .
     La patrouille habituelle du 1er REP , longe le haut de l'autre talweg . Le  professionnalisme de ces gus me rassure , je sais par expérience que l'un regarde a gauche et  le suivant a droite , intervalles respectés , faut être fort pour les surprendre ces gars là .
      Je m'enfonce dans mon emplacement de guet et je sais que dans quelques secondes nous serons invisibles ou presque . Un bref appel sur la droite , un groupe d'une dizaine d'homme armés apparaissent sur leur chemin habituel mais ce qui est plus inquiétant pour nous un deuxième arrive par la droite en passant par la petite ravine . Un de ces fell quitte le groupe et se dirige vers nous , il se rapproche ......Sherif a saisi une grenade , j'en fais autant .....le gus monte toujours puis nous tourne le dos et baisse le pantalon .....ouf ce n'était que cela ! Nous avons entendu le bruit d'une expulsion violente et continue .......il devait avoir une de ces courantes !
    Il repart soulagé vers son groupe . Avec Shérif nous avons envie de rire . Mais je ne ris plus car un gros serpent longe mon trou et se dirige droit vers mon pied gauche , nu dans la sandale . Je n'ai pas peur des  serpents , nos couleuvres et vipères métropolitaines ,  mais ici en Algérie je n'ai jamais été présenté a cette grosse bête . Il fait au moins un mètre cinquante de long . Je déplace lentement mon pied , il semble hésiter , puis il reprend sa reptation et bientôt il est hors de ma vue .
    Sur le chemin les deux groupes se sont rejoint et au lieu de descendre vers la ville il se dirige vers l'est . Nous n'avons rien fait pour les inquiéter .
En rentrant assez tôt , Shérif m'explique qu'il est hors de question d'intervenir , d'une part ils sont trop  nombreux , d'autre part nos renseignement sont pris au sérieux par l'EM et notre présence serait détecté par les fells en cas d'intervention . Il faut conserver ce poste d'observation .
    < Avec le recul , aujourd'hui je sais que Shérif avait raison mais sur le coup je me disais qu'avec nos nombreuses grenades , notre position au dessus d'eux , pas un seul ne devait en réchapper . Je reconnais que souvent je bouillais , a vingt ans seule l'action est belle . Shérif me demandait une patience difficile pour un jeune para . >
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 09:12
SANS UN CRI DANS LA NUIT
    La nuit Algérienne devient de plus en plus mon univers  , dans la journée  c'est plus ou moins ensommeillé que je fais mon travail dans le Service . L'Adjudant , mon chef directe , me semble très conciliant a mon égard  , trop par rapport aux autres . Je me demande s'il n'a pas été "mis au parfum" de mes activités .
    Je suis arrivé a récupéré plus tôt ma permission de nuit et avec prudence je me glisse en avance dans la maison de mon soleil du désert . Elle m'entraîne dans sa chambre , a peine arrivé , mais je lui rappelle que cette nuit j'aurais besoin de toute mes forces . Elle le sait mais elle a la faculté de me rendre heureux sans effort de ma part .
    Mais c'est de la force que je te donne , c'est l'art amoureux ancestral des filles de ma tribu qui savaient donner du plaisir a leurs guerriers pour mieux se les attacher . Et soudainement je me vois sous une grande tente a la porte du désert .
    Mais je ne peux rêver longtemps , la nuit est tombée et nous partons vers la colline au chacal . Attention , les G.R ont tout de même mis une sentinelle pour surveiller le fameux mur . On ne peut tout de même pas supprimer ce gêneur . Nous modifions notre itinéraire . C'est plus long et il nous fait passer a proximité d'une orangeraie surveillée par la Légion .Nous faisons très attention a faire encore moins de bruit que d'habitude car les sentinelles sont de plus en plus nerveuses . Il y a de quoi , plusieurs grenades  ont explosé en ville et deux embuscades du FLN sur des convois de ravitaillement d'éléments d'infanterie stationnés dans le djebel , auraient réussi . L'Etat Major de la Région a commencé a prendre au sérieux les mises en garde de Shérif sans lui demander ses sources .
    Le 1er RCP est en opérations loin de la ville et le 1er REP aussi . Cela dégarni sérieusement nos forces localement .
< Selon certains de mes carnets retrouvés , le seul élément intact était la Compagnie de G.R . Ce qui nous semblait pas rassurant ces gens n'étant pas entraîné à cette guerre particulière qu'ont constitué les "événements d' Algérie" .
    Depuis trois heures que nous sommes en planque il ne se passe rien . Nous ne percevons que les bruits habituels du djebel . Je me sens rassuré par la présence de Sherif . Tout d'un coup une dizaine d'hommes , sans armement apparent , jaillissent de la tranchée formé par le talweg . Ils se dirigent vers un chouf que nous n'avions pas vu - dangereux ça - et se divisent en deux groupes . Le plus important repart vers l'est et s'éloigne rapidement . Deux sont resté avec le guetteur qui nous semble regarder une montre et s'éloigne vers la plaine . Les deux autres prennent le chemin de la ville . "On suit " dit Sherif . A distance nous suivons les gus qui ne se retournent jamais .
    A l'entrée de la ville ils se glissent dans une ruelle après avoir évités les sentinelles et une patrouille . Nous nous rapprochons et shérif me chuchote "Chacun le sien " . J'ai compris , je prend ma dague et après un dernier regard avec mon mentor , je bondis sur celui de droite , met ma main sur sa bouche et appui ma dague sur son flanc  , a la hauteur du foi . Sherif a fait pareil , notre synchronisation a été parfaite . Les gus sont tétaniser car ils ne s'attendaient pas a ces fauves qui leur sont sont tombés sur le dos .
    Je ris intérieurement car je pense a mes copains de bureau qui ne peuvent pas supposer que le quiqui qui tape si bien les rapports du service s'est mué en guerrier .
    Nous les avons ramener a la pointe de nos dagues dans un local crasseux  a coté de chez shérif et une heure après une jeep avec quatre "gaziers" en treillis venaient les chercher . Nous avions fait notre travail .
    <
Je n'ai jamais su ce qu'ils étaient devenus et sherif a répondu a ma question sur un ton assez sec " c'est pas ton problème " . A cette époque sans parler vraiment de torture , on disait qu'ils y avaient des spécialistes chargés de les faire parler . >
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 12:19
LA NUIT DES CHOUFS
    Aujourd'hui quartier libre , je descend en ville et frappe a la porte du bonheur . Une vieille servante m'ouvre . Il faut dire que la famille est riche , de "grande tente" comme dit Kahina fièrement .
    Je la vois embarrassée et elle me dirige vers une petite pièce en mettant son doigt sur sa bouche . Par une petite ouverture je vois le patio et j'en crois pas mes yeux . Shérif en tenue de sortie d'officier para parle a un prêtre et lui balance du " Mon père " a chaque phrase . Je n'en crois pas mes oreilles , lui le sans dieu , le mécréant , qui m'a dit plusieurs fois " ta religion , c'est l'opium du peuple " . -< a cette époque , j'étais encore croyant >- avec un air ironique .
    Je vois la tenture du fond de cette petite pièce , bouger et Djamila se glisse dans la pièce dans une longue robe blanche qu'elle  dégrafe lentement pour mieux m'exciter . Je caresse ses deux colombes qu'elle offre a ma gourmandise et elle m'entraîne dans une espèce de danse lascive en collant son corps superbe contre le mien subitement nu . Nous avons le temps dit-elle , il ne fait pas encore totalement nuit .
    Aujourd'hui encore je pars seul vers la colline au chacal . Je retrouve mon emplacement en me disant , pourvu qu'ils ( les fells) n'aient pas l'idée de placer un guetteur au dessus de mon rocher , sorte de table en pierre qui couronne bizarrement cette colline . Mais je ne peux pas me mettre au dessus car je devrais me mettre a plat ventre si non ma silhouette se découperai sur  l'horizon d'une nuit trop claire . Je veux pouvoir faire face et bondir . L'avantage de cette pierre c'est que derrière elle donne sur un a pic d'au moins trente mètres
    Comment ai-je pu me faire surprendre par le bond de ce chacal , moi dans l'odorat et la perception des bruits , n'ont d'égales que mon extraordinaire acuité visuelle . J'aurais du sentit l'approche du chacal et Shérif doit avoir raison , je ne devais plus avoir d'appréhension , je me sentais bien sans doute . " Quand tu n'auras plus peur tu deviendras dangereux pour toi ou les autres ". Sa phrase me revient a l'esprit , lancinante .
    Tout a cette  réflexion je n'avais pas vu tout de suite des "choufs " s'installer a ma droite , sur l'autre versant du talweg . Immédiatement je regarde vers l'ouest et vers la ville , rien d'anormal . Pour le moment ma retraite éventuelle n'est pas coupée . Mais au bout d'un moment il me semble qu'une ombre , montant de la ville , se déplace imperceptiblement vers moi . Aucun bruit mais je sens une présence , comme une vibration dans l'air . Ce n'est sûrement pas un animal , c'est trop grand . Je serre mon P.A que j'ai soustrait de sa gaine ., tout en surveillant les guetteurs fells , ils n'ont pas changer de place .
    J'entends deux cris brefs de chacal mais je suis certain que ce n'est pas un chacal , par contre les choufs n'ont pas bougé . Mais j'ai compris , je remet mon pistolet dans son étui et attend tranquillement l'arrivée de .......Shérif qui s'assoit a coté de moi avec un grand sourire car il est heureux que je l'ai détecté . Tu sais je surveillais ta cache et j'ai compris ton message quand je t'ai vu me montrer ton P.A au-dessus de ta tête me chuchote-t-il .
    < C'est cette nuit que nous avons compris que de graves événements allaient se produire dans la région mais l'E.M n'a pas cru Shérif car pour une raison que je ne connaissait pas encore il ne pouvait pas appuyer sa mise en garde en parlant de nos veillées nocturnes , les patrouilles habituelles n'avaient rien décelé >
    Nous sommes redescendu inquiets de ce remue-ménage dans le djebel .
Mais je ne repartirai plus seul . Il a trouvé un endroit plus propice a notre surveillance ou nous pourrons nous tenir dos a dos pour éviter toute surprise désagréable . En même temps il augmente sérieusement notre nombre de grenade , des bonnes vieilles D.F quadrillées .
    Mais toute action offensive nous est interdite , nous restons des "choufs fantômes" ........et pourtant ce n'est pas l'envie qui nous manque quand nous voyons défiler sous notre cache ces groupes de fells .
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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 09:37

Shérif - 05-


Ma peur , djebel et les petits seins de Djamila .

    Ce soir c'est Kahina qui m'ouvre la porte , toujours aussi peu habillée , elle prend mon bras pour rentrer dans le patio , ce qui apparemment ne plaît pas a Djamila  - c'est pas a toi ça dit-elle en faisant semblant d'être en colère . Seulement semblant car les deux soeurs s'adorent .

    Ma brune amante se pend a mon cou . Ses lèvres sont toujours aussi brûlantes et la pointe de ses petits seins se durcit sous ma caresse .
    A regrets j'enfile ma tenue de combat et ma djellaba au dessus . La porte s'ouvre sur la nuit algérienne et maintenant bien habitué a mon environnement je marche a grands pas vers les collines . J'évite de peu une patrouille de la légion qui n'était pas signalée sur l'organigramme de Shérif .
      J'admire le pas souple et peu bruyant de mes amis légionnaires qui ne se doute pas qu'un quidam en djellaba est planqué le long d'un rocher a moins de cinq mètres du chemin . Je respire a peine , il tirent vite et bien ces gaillards et je les soupçonnent de faire les sommations après ......comme nous parfois . Je les regarde s'éloigner et repart vers la colline au sommet de laquelle j'ai passer la premier nuit a "chouffer" avec Sherif .
    Je me remet a mon emplacement et de là rien ne doit m'échapper . Pourquoi faisons nous ce travail ,entouré d'une quirielle de précautions vis a vis de nos collègues , pour quoi leur cacher notre présence . Cela me semble ridicule et dangereux car nous devons nous méfier des fells et de gens de chez nous . Shérif ne répond jamais a cette question et j'évite d'insister car cela l'agace .
    Tout a mes pensées et regardant la pente vers l'est je vois une petit mammifère qui monte vers moi , il trottine entre les pierres et se rapproche rapidement quand une galopade bruyante éclate a ma gauche et une ombre me passe au dessus de la tête et retombe sur la petite bête qui poussent des cris déchirants . Cela m'a fait tellement peur que j'en ai sorti mon pistolet .Je réalise que cette ombre menaçante n'est autre qu'un chacal ( un jeune car un vieux aurait décelé ma présence ) qui est passé a quelques centimètres de mon épaule . -< Hé oui j'ai eu peur , j'ai  pas honte de le dire , 50 ans après j'ai l'impression de revivre la scène >- Tout d'un coup je réalise que des ombres bien plus dangereuses se déplacent sur ma droite . Un groupe d'hommes en armes suit le cheminement que nous avions remarqué avec Sherif . Ils vont passer a moins de dix mètres de moi . J'en compte une trentaine . Ils descendent vers la ville . En hommes habitués du djebel ils ne font pas beaucoup de bruit .
     Avant le lever du jour je redescend pour retrouver une Djamila inquiète qui me saute au cou et un Shérif non moins inquiet . Il rit quand je lui raconte  le chacal mais moins quand je lui rend compte de la présence de ces hommes en armes . "- il va falloir être très prudent car il y a une activité anormale dans toute la région - me dit-il - mais il faudra que tu les suivent a distance pour savoir ou ils vont car de la-haut ce n'est pas possible - .
    Ho non , ne lui demande pas ça , s'exclame Djamila en s'accrochant a mon bras . Sous le regard courroucé de son frère elle me lâche et quitte la pièce . Je quitte ce havre blanc , inquiet en me demandant si je ne joue pas   bêtement avec ma vie alors que je pourrai rester tranquille au Centre .
     Mais trois jours après je suis , de nouveau , dans mon nid de pierres a écouter la nuit bruyante du djebel . A qui sait entendre la nuit parle . J'ai toujours un peu peur mais je raisonne ma peur maintenant .
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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 11:21
Sherif (04)

La Danse de Djamila
   
Nos petites sorties se multiplient mais j'ai toujours cette angoisse au creux de l'estomac et je dois me rendre a l'évidence ,  je ne m'habitue pas , j'ai la trouille !
    J'en parle a Sherif qui me dit en riant- moi aussi - tu te moque de moi - non jean , dans ce genre d'aventure on ne s'habitue jamais car le jour ou tu n'auras plus  peur tu deviendra dangereux pour toi et pour les autres .
    Bon j'ai compris je ne lui parlerai plus de mes angoisses .Cette nuit pour une raison qu'il ne m'a pas expliquée , il partira seul et il me demande de rester dans la maison et de préparer des explosifs avec retardateur comme il m'a appris .
    C'est dans une espèce de cave remplis d'armes diverses avec de quoi faire sauter cette grande maison . Le maniement de ces explosifs n'est pas dangereux mais le calme est tout de même exigé . Sherif a parfois des idées bizarres et a déjà utilisé ses talents d'artificier pour faire sauter un rocher dont  les débris ont condamné une grotte refuge du F.L.N .
    Je sais que dans trois jours je dois partir seul dans cette nuit qui m'oppresse un peu . Djamila le sait aussi , elle deviens très attentionnée a l'approche de cette date ; J'ai l'impression qu'elle essaie de m'insuffler de la force . Ce soir j'ai beau  lui dire que c'est dangereux elle continue a me passer la main dans les cheveux , très doucement, je sens son souffle léger sur ma nuque . Ayant terminer je suis heureux de pouvoir remonter dans le patio ou nous ne serons pas seul car j'ai peur de mes réactions .
    Tiens personne , Kahina a disparu et Djamila entame une danse lascive . Pas la danse traditionnelle des femmes berbères . Non, c'est plus lent , beaucoup plus lent , on a l'impression qu'elle ondule . Elle me regarde fixement , je suis hypnotisé , incapable du moindre geste , de la moindre parole . Ses pieds nus effleurent a peine le sol , on la croirait aérienne .
    Puis elle laisse glisser le peu de vêtements qui restait sur son corps et sa beauté explose . Elle est belle , divinement belle , elle cambre ses reins de plus en plus puis se détend en reprenant son ondulation tout en s'approchant de moi . Je suis dans un état second . Elle sait ce qu'elle fait , ce qu'elle veut , elle sait que je ne résisterais pas . Elle m'entoure , me dévore de baisers , tout en continuant sur place cette danse venant du fond des âges .
    C'est la femme dans sa plénitude , c'est ève au premier jour de la désobéissance . Elle m'enlace et doucement ....... Bon le reste ne vous regarde pas .
    Au matin quand Sherif rentre , il comprend tout de suite , en voyant Djamila qui chante doucement pour me réveiller en passant ses beaux cheveux noirs sur mon visage ......fatigué !
    Quand il me reconduit a la porte il met sa main sur mon épaule et me dit  " Va mon frère, tu n'a plus besoin d'une mission pour venir la voir " 
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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 10:00
Djamila , Djebel Amour, Souvenirs
    Avant de continuer cette aventure il est important de vous instruire .Cette aventure n'est pas fictive . Elle est réelle mais elle m'a valu , des années après , une déconvenue importante . J'ai fait état de cette activité lors de la demande concernant la retraite du combattant . Elle m'a été retournée avec la mention " n'est pas a l'historique du régiment " et une personne bien placée au Ministère ( ami d'un copain) m'a indiqué qu'il était inutile d'insister car de genre d'activité devait être classée " Secret Défense " . J'en suis mort de rire , cela s'est passé il y a plus de cinquante ans !
    La personne en question m'a parlé de 11eme Choc ( régiment spécialisé dans le renseignement semble-t-il) de commando spéciaux , etc ......et que la capitaine Shérif avait sans doute désobéi aux ordres de Paris pour avoir entraîné un appelé dans une telle aventure .
    Il y a deux ans j'ai rencontré par hasard Djamila à Senlis dans l'Oise . Ce jour là je passais chez un marchand de matériaux et j'ai eu la surprise d'entendre une , encore jolie femme , me dire :
-bonjour jean , tu ne me reconnais pas .......c'était elle !
-comment as-tu pu me reconnaître tu n'as pas changé, mais moi si , je faisais 57 kilogs j'en fait maintenant 75 !
- mais tes yeux , jean, je n'ai jamais oublié tes yeux .
    Nous avons conversé un moment , elle m'a présenté son mari , un texan très sympathique . Malheureusement ils repartaient le soir même aux USA , ou elle vit depuis plus de quarante ans .
    J'ai appris que Kahina vit en France , dans un petit village du coté de Privas . Par contre Shérif a été tué dans l'assaut d'une grotte dans le Djebel Amour . J'ai retenu ce nom car c'est également dans ce djebel que l'adjudant de la "317eme Section" est tué , mais c'est seulement une histoire . Ce film passe encore dans certaine soirée de cinéma-club , allez le voir si vous en avez l'occasion , mais ne le regardez pas a la TV , il vous manquera l'atmosphère particulière de la vie d'un commando . Il faut le noir d'une salle et un grand écran pour ressentir le drame qui se joue dans ce film sur la fin de la guerre d'Indochine .
    Mais en continuant l'histoire du capitaine Shérif j'espère vous faire sentir ce que nous ressentions en nous glissant dans la nuit algérienne comme des fantômes . Voir et ne pas se faire voir . Nous fondre dans le paysage , écouter la nuit . Shérif m'a appris tout cela et je ne l'oublierai jamais .

A suivre 
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 09:51
Capitaine Shérif (01)
    Un soir en rentrant a l'Etat major de la Place avec ma patrouille , pour rendre compte j'empruntai un long couloir..........
    Tiens il est bizarre celui-la , je serre un peu plus ma Mat et j'observe avec méfiance un arabe dans une djellaba crasseuse qui marche devant moi . Rapidement il enlève sa pelure dégoûtante et je vois apparaître un uniforme français et en se retournant vers moi j'aperçois les galons de capitaine .
    Voyant ma surprise , il s'écrie : - Je suis le capitaine A.......... et je te connais pour avoir étudié sérieusement ton dossier . Je rectifie la position quand je l'entend me dire - Laisse tomber , c'est bon pour  les ploucs ces simagrées ! Puis il ajoute - quand tu auras rendu-compte viens me voir , la porte au fond du couloir marquée " 2eme Bureau " .
    Un peu inquiet je frappe a cette porte et pénètre dans un bureau très particulier avec un désordre invraisemblable d'armes diverses et de tenues non conformes a l'esprit militaire .
       Presque brutalement il m'annonce que je ne dois parler a personne de cet entretien .
    Je suis désormais pour toi  le Capitaine Shérif ou Shérif plus simplement . Nous allons nous tutoyer et tu ne passera plus a l'Etat Major mais a l'adresse que je t'indiquerai . En accord avec mon collègue du 2eme bureau de ton Centre nous t'avons sélectionné . Je vais t'expliquer en détail ce que nous attendons de toi , tu peux refuser il en est encore temps .
    Puis il m'expliqua que je devrais me balader parfois la nuit seul dans le djebel ou avec lui . Que notre  but était de savoir ou est le fell , de le repérer et de décrocher . Les patrouilles ne saurons pas ou nous sommes et qui nous sommes . Par contre nous serons tenus au courant de tout leurs mouvements .
    Il ajouta - je sais que tu te déplace sans faire de bruit et que la boussole n'a pas de secret pour toi . Tu acceptes ? ........ et comme dans un nuage je m'entend dire " oui , mon cap......pardon.....oui , Shérif !
    ( des années après je n'arrive toujours pas a analyser ce qui s'est passé véritablement cette nuit là , j'ai été subjugué par cet homme qui allait devenir un ami , presque un frère )
    Ayant en poche une permission  de nuit comme prévu ( délivré par mon officier du 2eme bureau du Centre) je sonne a l'adresse indiquée et j'ai la surprise de me voir ouvrir la porte par une jeune fille , nue sous une tunique blanche transparente qui laisse presque tout voir . Venez dit-elle en m'entraînant vers un patio ou Shérif , en tenue de combat , m'attend .
    Je te présente ma soeur , Djamila . L'autre que je n'avais pas vu , qui sort du bassin central , entièrement nue , n'est pas gênée en s'avançant vers moi - je suis Kahina me dit-elle avec un sourire ironique devant ma gène , visible ! Elles restent tout naturellement dans le patio quand je me change pour revêtir une tenue de combat avec une djellaba au dessus .
 Ce soir notre virée sera courte et je comprend vite la manière d'échapper aux patrouilles . Nous rentrant chez lui vers 2 heures du matin et après un bon bain dans ce bassin a l'eau pure et fraîche , un vieille dame nous sert des boissons que je penses être du thé . Je m'endort en pensant aux jolies filles de la maison .  ( ASUIVRE)
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  • : le blog de Jean Le Francilien
  • : journal d'un vieux raleur mais bon coeur , a fait son service militaire en Algérie 1954, 55,56 , ancien para pour le sport et pas pour la guerre , viscéralement a gauche pour la justice et la liberté .
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  • jean le francilien
  • suis raleur , critique, mais bon coeur . J'admets tres bien l'humour mªme sur mon physique de vieux pépé. J'aime la jeunesse qui en général me le rend bien . J'aime la vie avec passion !
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Texte Libre

IL ÉTAIT MON AMI , MON CONFIDENT ......

..... NOUS NE T'OUBLIONS PAS MON TIGROO ......LA DOUCEUR MÊME ......CELUI QUI T'A TUÉ EST UN MONSTRE , IL PAIERA SA MÉCHANCETÉ .....

LE JARDIN DE MA FEMME 0222

Il était très beau ......RSCN0209                                              avec son frère ,ils ne se quittaient pas ....

LES-CHATONS 0627

Là,après le premier plomb,devenu borgne.....le deuxième dans l'oeil droit ,un an après , l'a tué !

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