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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 13:59
Parachutistes , Pilotes et Dakota
    En 1954 et suite , nos pilotes à Philippeville en Algérie sont des garçons extraordinaires en qui nous avons entière confiance . Vous me direz en tant que para tu as sur le dos une voilure qui te sauvera la vie . Bien sur mais encore faut-il être a la bon hauteur . Les altitudes de sauts d'entraînement sont en règle générale autour des 300 mètres , l'extrême limite ( a l'époque ) est de 180 mètres , c'est l'altitude de largage opérationnelle . C'est assez impressionnant , tu saute , le pépin s'ouvre , tu touche le sol . Inutile d'avoir un pépin de secours , le fameux ventral , il n'aurait pas le temps de s'ouvrir .
    La légende dis que les "gus" en Indochine remplissait le ventral avec des canettes de bière ou des munitions supplémentaires .
    D'ou viennent nos pilotes  ,frais émoulus , d'une école de pilotage . Que non ! Ce sont presque tous de jeunes " vieux briscards " . Mais la légende dis ( les légendes a l'armée sont nombreuses et tenaces ) que ce sont souvent d'anciens pilotes de chasse jugés trop vieux ou punis pour avoir fait des excentricités .
    L'un d'eux aurait , avec son chasseur remonté la seine , mais en passant SOUS les ponts . Un autre serait passé avec un spitfire sous l'Arc de Triomphe et descendu les Champs Elysées juste au dessus des voitures .
    Mais surtout ils avaient , parait-il , le mauvais goût de manier leurs dakotas comme de simple chasseur . Alors là , pour moi ce n'est pas une légende . Je me souviens .......
    Aujourd'hui nous avons une séance de saut a Bône ( Annaba maintenant) pour des pré-militaires . Nous partons avec les parachutes préparés par la SEPP de Philippeville et trois "esclaves" de chez eux . Du CES
deux largueurs , notre capitaine dakota.jpg
et votre serviteur représentant le Service Aérien . Pour un Dakota la charge est faible et Bône n'est pas loin de Philippeville . A bord l'ambiance est bonne . A mon habitude je me glisse vers la cabine de pilotage et regarde l'horizon . Il me semble que nous volons un peu bas et que le pilote s'amuse a effrayer des troupeaux . Au bout d'un moment je vais me rasseoir près du Capitaine qui , contrairement a son habitude , raconte des histoires .
    Soudain il me regarde , on n'est pas un peu bas me dit-il - mon  capitaine le pilote doit savoir - aller tout de même lui dire de remonter . Je vais a la cabine et là je prend la peur de ma vie.....nous fonçons a basse altitude vers la montagne , bon c'est pas la barre des Ecrins , disons une grosse colline , avec au milieu une espèce de couloir que je juge inapte a laisser passer un Dak . Un bref instant le pilote se retourne vers moi avec un sourire sardonique . J'ai compris je m'accroche sur le coté avec un rire idiot .
    Le pilote bascule l'avion sur l'aile et nous passons "en tranche" par le fameux petit couloir . Je regarde derrière avec crainte , le pitaine est a plat ventre et gueule comme un veau , les autres sont soit la tête sous la banquette de toile , soit sous un tas de parachutes .
    Plus de peur que de mal mais après l'atterrissage à Bône , les deux capitaines , le para et l'aviateur , étant restés seuls a bord , il y a eu un règlement de compte bruyant , a la limite du sanglant .
    Apres les largages le retour fut calme , sauf que j'ai trouvé le virage d'approche pour remettre le zinc le nez au vent , un peu serré . Mais tout le monde s'y attendait et s'était accroché en rapport a l'angle du virage ......sur l'aile !
    On en parlât longtemps dans les chaumières , pardon , dans les mess , les cantines ou les bars de l'Escadrille .
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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 12:19
ALGERIE 54/56 , PARA et AVIONS

    Il y a dans tous les souvenirs des paras qui grenouillaient labas en Algérie des "bêtes" qu'ils ont aimés ou haïs , les avions .
    Il n'y a pas de  parachutisme sans avions . A mon arrivée au CESn°1 , je fait connaissance avec un engin assez particulier le Ju 52 . Appareil allemand de chez Junker qui roule déjà sa bosse depuis pas mal de temps .Né en 1934 avion de transport civil , il est vite transformé par la Luftwaffe en bombardier et surtout en machine a tout faire . C'est incroyable ce qu'il est capable de faire . Baptisé "Tante Ju" il va révéler ses qualités , sûreté ,robustesse et indestructibilité ......enfin presque . Il va servir en Indochine après sa récupération par les Français .
    Mais ceux que j'ai connu et emprunté n'étaient plus des engins très brillants , les trois moteurs étaient poussifs, les "carrosseries" avaient souffert et sous la vibration ses ailes on voyait les rivets tressauter , pour nous, dangereusement . Les français l'appelaient "Toucan" . Il parait qu'il pouvait transporter dix huit soldats entièrement équipés mais a Philippeville - aérodrome de Valée - un stick de douze paras faisait son bonheur . Les parachutes c'est lourds . Une fois .......
    .....le pilote commence a penser comme moi , il ne veut pas décollé ! Les rivets tremblent , le copilote poussent les moteurs  au  maximum , mais c'est toujours la piste que je vois défiler . Le largueur me regarde calmement et fait remonter les gus vers la cahute du pilote . Je sens que la queue se lève et enfin je ne vois plus la piste mais de l'herbe et de petits buissons rabougris . Le chant des moteurs change de tonalité .....nous volons ! Il était "moins une" , nous rasons de petits arbustes et doucement nous prenons de l'altitude . Le pilote passe le manche au copilote et se tourne vers nous avec un large sourire et fait  le signe de s'éponger le front . Simple passager , sans parachute , je suis heureux de l'atterrissage réussi après le largage . Ces pilotes sont des as que nous aimons et respectons .
    Mais nous aimons le Ju 52 car il ne vole pas vite et comme nos pépins s'ouvrent dans le vent des hélices , le choc a l'ouverture n'est pas trop rude .
    Bientôt arrive une autre vedette le Douglas DC3 , le fameux DAKOTA , mais celui-là, même si on le trouve beau , plus moderne , plus sécurisant , on ne l'aime pas beaucoup parce qu'il va trop vite et que de ce fait le choc a l'ouverture est violent . Mais on va finir par l'aimer car le pliage du pépin "suspente d'abord " va amener l'extraction de la voilure hors du vent des hélices et  l'ouverture du parachute sans choc violent .
    Ce bel oiseau est bimoteur , puissant, né en 1936 . Il a équipé la majorité des compagnies aériennes a travers le monde et il a largué les paras du "Jour le plus long " en Normandie , en Juin 44 , et bien d'autres encore .
    Et puis la "porte" est  plus haute et les grands paras ne s'assomment plus en sortant trop vite comme sur la "Tante Ju" . Et pour le largage des caisses l'ouverture pouvait s'agrandir . J'ai fait pas mal de ballades sur ce DC3 et les pilotes s'amusaient bien avec .
    Mais le meilleur était a venir , mais c'est une autre histoire que je vous raconterais bientôt . J'ai entendu dire que des DAK volaient encore régulièrement dans certaine régions d'Afrique ou d'Asie .

Les photos sont en dessous cet aricle .

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 11:32


Stick-emebarquant-sur-DC3.jpgembarquement.jpgUn-largueur--sympa.jpgEchelle-DC3.jpgembarquement-jean-.jpgdakota.jpg

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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 13:03
CES-n---1--Claude-et-moi-.jpgMessage pour Florent BRAUNSTEFFER
            Je viens d'avoir un choc , mon coeur bat plus vite , après tant d'années , je vais semble-t-il pouvoir contacter mon vieux copain Claude , ce grand gars qui m'avait accueillit avec tant de gentillesse au Centre de Sauts à Philippeville , en Algérie .         
    Florent je ne sait pas comment vous joindre mais je vous donne mon adresse mail   Jean.bellamy@wanadoo.fr . Je suis impatient d'avoir des nouvelles de Claude car a part Guy Bonnel , qu'il connaît bien aussi , aucune nouvelle des anciens du CES N°1 .
    A bientôt Florent j'espère .
    Cordialement . Jean .

Désolé la photo est tres mauvaise CES N°1 Vraisemblablement en 1955 .
Au premier plan le C/Chef  Claude BRAUNSTEFFER
Au second plan c'est jean BELLAMY, dans le fond je ne sais pas .


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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 14:15
fortturc-1.jpgLA VIE A L'ÉCOLE DE SAUTS

    En fait , avec un peu de méchanceté , mais il faut pardonner a la jeunesse , je fais expres d'entrainer ma patrouille en dehors du périmètre sécurisé pour la grande joie des copains et la frousse des flics . Tous le monde sais bien que les paras sont un peu allumés . Mais je dois l'être assez pour entrainer les copains et les fonctionnaire de police .
    Pourtant ce soir je dois faire demi-tour car un des sympathiques agents menace de sauter du 6/6 si je ne donne pas cet ordre au chauffeur . Les copains qui rèvent de plaies et bosses sont déçus . Brutalement je réalise que ce n'est plus un jeu , que les copains en opérations risquent leur peau tous les jours et que moi bêtement pour une gloire éphémère je suis en train de risquer la vie de bons pères de famille .
    Les agents sont sympa ils n'ont rien dit de mon imbécilité .
    En remontant au CES nous entendons l'explosions de deux grenades vers la zone ou j'ai accepter de faire demi-tour . Nous nous sentions bien a l'abri dans la ville mais nous réalisons que le risque se rapproche .
    La vie a l'école de saut continue , sans acoup pour le moment et pour nous les "fonctionnaires" des différents services , c'est assez loin de la vie d'une casene ou d'un camp militaire . Par contre le "pitaine" pousse un coup de gueule comme il en a l'habitude apres avoir gouté les repas de la troupe .
    Nos amis des cuisines ne sont pas en cause , ce sont les ingrédients qui sont mauvais . Il le sait et saute dans une jeep et tombe sur le dos du patron de l'intendance . Il parait que les échanges sont tres violents et s'entendent a l'exterieur . Le combat s'enflera et notre capitaine obtiendra que l'argent destiné a nous nourrir soit versé directement a l'école de  saut qui se chargera directement des achats .
    A partir de ce jour la , nous avons eu une alimentation saine et variée , enviée par les établissements militaires voisins et nous regardions notre capitaine avec un autre oeil . En douce , nous l'appelions papa . Je crois qu'il le méritait bien . Un autre personnage important , c'est notre major , sous-off sympathique qui nous facilite bien la vie .
    L'officier du 2eme Bureau , grand lieutenant ayant une certaine élégance , est plus réservé mais pas d'une grande sévérité . Et puis , il y a cette caste sympathique " Les largueurs" . Ce sont souvent des adjudants ou adjudants chefs , tous très humains a quelques exceptions près . Bien entendu , ils habitent en ville avec femmes et enfants . Des vieux , non , mais plus tout jeune . Il y en a un par contre , typiquement le "juteux" a l'ancienne . Front bas , borné , sans grande humanité et qui ne comprend pas que nous soyons distants avec lui alors que nous "chouchoutons" nos largueurs . Nous voyons souvent le Lieutenant MOSCONI un champion de saut en commandé , un type super sympa et pas fier du tout . Mais il reprendra au 1er RCP un commandement en tant que Capitaine .
    Le personnel qui fait fonctionner cette école de sauts -CES N°1- forme en fait une grande famille . Nous ne saluons pas nos officier , nous contentons de dire le matin , "Mes respects mon adjudant "  ou n'importe quel grade . Le premier sergent venant de l'extérieur qui a voulu mettre un gars de chez nous , au garde-a-vous a cinq pas , a fait rire tout le monde et n'a pas compris qu'il se soit fait "remonter les bretelles" par nos officiers . Mais s'il y a un problème nous savons réagir au quart de tour comme tout parachutiste . On ne se souviendra pas de nous comme de grands guerriers mais la grenade qui explose en ville ne fait pas le tri entre guerrier ou pas . L'insécurité est partout . ( a suivre )
La photo de l'auteur est celle du vieux fort turc qui servait de magasin d'armes au rez de chaussée et de mess a l'étage .
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 13:34
en-l--air.jpgLe morpion de carlingue


 

    J'ai la chance , étant au Service Aérien , de remettre un pépin sur mon dos pour faire tout de suite , avant la fin du mois mon 7eme saut . Pour  cela j'ai deux complicité , un largueur que je vois tous les jours et un pilote qui m'a , comme on dit "A la bonne" . Avec l'équipage des zincs , c'est la bonne ambiance car souvent nous redescendons ensemble à Philippeville . Bien entendu les copains de la SEPP ne me refuse jamais un parachute .                                                                   
    Je deviens rapidement un "morpion de carlingue " comme disent les largueurs . C'est un peu de leur faute car dans le dernier avion ils ne manquent pas de m'appeler quand il y a une place . " bellamy magne toi le cul ,arnache toi  et arrive " . Il est vrai que les largueurs ont tous leur carnet de vol au service aérien et je les vois tres souvent . Certains ont des responsabilités au CES autres que le larguage .
    Aujourd!hui je suis monté seulement pour faire un tour mais le largueur a appelé mon copain de la SEPP pour lui apporter deux pépins avec ventral et nous nous équipons dans l'avion . Nous sautons l'un derriere l'autre .
    Comme c'est un grand taquin , son plaisir , a mon largueur préféré , c'est de  tractionner pour venir  marcher sur ma voilure . Comme cela dévente son pépin , il glisse et passe hilare a ma hauteur . C'est sûr nous allons encore nous faire engueuler par le  "vieux" ; mais il les aime bien ses jeunes " fous " car il sait bien que cette manoeuvre n'est pas dangereuse mais simplement spectaculaire . Il faut bien que jeunesse se passe .
                       
    En dehors du travail au Service Aérien et des coup de gueule de papa DUCAY notre patron , la vie n'est pas trop dure au CES N°1 . Par contre nos patrouilles de nuit sont hilarantes car les policiers que je suis obligé pour le moment d'embarquer dans le 6/6 sont tres peureux . Pour le moment l'armée n'a pas le droit de controler des civils , seule la police locale ou la gendarmerie , peuvent le faire . Nous sommes là seulement pour la sécurité mais c'est le chef de patrouillle para qui commande . Je sais que ces messieurs se sont plaint que sous mes ordres la patrouille controlait des endroits dangereux non prévus au départ . Avant d'être nommé caporal je fait déjà fonction de chef de patrouille . Avec moi les copains sont heureux de prendre l'air en dehors de la ville .

au-sol.jpg
C'est beau un pépin.......cette photo n'est pas de moi .  Auteur ignoré  .
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 17:22
Jean-brevet--.jpg  LE BREVET PARA N° 98.693

       Le stage continue mais en ce qui me concerne le Service Aérien me récupère car le travail passe avant mes loisirs . Car pour les stagiaires il y a de grands moments de pause auquel je n'ai pas droit . Mais je me rattrape en obtenant des permissions de minuit pour descendre en ville , au restaurant ou au cinéma . Je respire un petit air de liberté et je peux " reluquer " les petites "pied-noir" qui sont souvent très jolies . Je penses a Hélène qui m'envoie des lettres enflammées avec des mots et des souvenirs érotiques . Je rêve le soir en me rappelant ses petits seins si fermes et ces longues jambes brunies par le soleil de Carcassonne . Il faut dire qu'elle porte rarement un soutien-gorge . Il me semble entendre les cigales et l'accent de ma catalane .
       Entre le 5 et le 20 Novembre j'éffectue le cinq autres sauts nécessaires pour l'obtention du Brevet Para . Petite particularité j'ai fait deux sauts le 19
pour avoir les six sauts comme le reste du stage . < je ne me souviens plus la raison de ce décalage mais c'était sans doute un problème technique >
    Ce matin < le 19 > le moniteur me préviens tu sautera dans le premier stick car il faudra que tu fasse vite pour rejoindre la jeep du Pitaine qui te ramenera au terrain d'aviation pour t'équiper a nouveau et sauter dans le dernier avion . Je suis fou de joie , même un troisième saut s'ils veulent !
    Au passage le Capitaine Ducay me fait un sourire , c'est rare chez lui et j'en suis tout bête . Les deux sauts se passent très bien .
    Bientôt dans le bureau du Service Aérien je prépare les Brevets avec mon ami le C/C Braunsteffer et caresse des yeux le Brevet 98.693 .....le mien , qui me sera remis au terrain avec les copains .
         Maintenant je vais pouvoir parler de saut , de suspente , de ventral , de traction , de choc a l'ouverture ..... de parachutisme tout simplement  !
Le béret est encore trop large mais comme tous les anciens je vais le laver le faire sécher au soleil pour qu'il rétrécise car cette énorme tarte n'est pas digne d'un para .
    < en effet a cette époque les bleus se faisaient remarquer en ville rien qu'a la taille incongrue de cette coiffe . La tradition voulait qu'a force de lavage et de séchage le béret vienne couvrir la tête sans dépasser sur les cotés sauf a gauche descendant , plaqué, cachant le dessus de l'oreille . Nos  instructeurs et les anciens avaient tous ce béret bleu rétréci typiquement "para" . Nous portions les fourragères et l'insigne du 1er RCP avec les charognards sur les épaulettes . J'entend maintenant parler de rapaces , nous disions "charognards" comme dans l'armée de l'air dont le 1er RCP était issus  >
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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 09:22
                                    ALGERIE 1954 .............. LE GRAND JOUR

      Le 5 Novembre 1954 , lever a l'aube et direction l'aérodrome de Valée .
Nos camarades de la SEPP sont là avec les parachutes qu'ils ont pliés avec soins , notre sort en dépend . < Je n'ai plus de notes précises a ce sujet mais tout me laisse a penser que c'était surtout des femmes qui pliaient les pépins ,les fameux TAP660 (?) Aérazur > . Nous avons une confiance absolue dans le personnel de la SEPP car les incidents d'ouverture des  pépins sont dérisoires dans nos statistiques . Nous touchons notre parachute et le moniteur contrôle strictement notre harnachement . Puis c'est a notre stick ( dont l'importance dépend de la taille de l'avion ) de se diriger vers un vieux Junker - JU52 - appelé Toucan par les Français .
    On monte difficilement dans le corps de la bête aidé par un moniteur car nous sommes malhabiles avec notre harnachement . Les premiers montés se poussent vers le poste de pilotage car il n'y a pas beaucoup de place dans ce vieux coucou . Nous nous plaçons de chaque coté de la static-line , le câble sur lequel nous allons accrocher le mousqueton de notre sangle S.O.A (Saut a Ouverture Automatique) . Le décollage semble difficile   la "tante Ju" peine a s'arracher de la piste . Le rivets vibrent sur les ailes qui semblent prise d'un tremblement nerveux .Je regarde la piste qui défile et j'ai l'impression que nous de décollerons jamais. Enfin dans un dernier hurlement de moteur je vois apparaître l'herbe des cotés preuve que nous volons . Le phénomène de tremblement semble se ralentir quant le pilote passe sur le régime de croisière . Nous montons difficilement vers la hauteur des 400 mètres , requise pour le saut .
       L'ordre claque " Accrochez " , j'accroche mon mousqueton au câble , le largueur passe entre nous pour une dernière vérification . Le fameux chant " En passant par la portière " vous prend un peu aux tripes et certains sont livides , mais tous sauterons .
    Etant le premier a sortir je vois par la porte la D.Z sous nos ailes , au commandement du largueur , je me mets en position , le regard vers l'horizon , les muscles bandés dans l'attente d'un mot libérateur .
    " GO " je pousse sur les bras et bondis hors de l'avion . Comme pendant le stage , les jambes se serrent , les bras se placent sur le ventral dans l'attente du choc de l'ouverture . La coupole s'extrait du sac et se déploie au dessus de moi . Je ris , je pleure , je suis fou de joie c'est une sensation extraordinaire que seul un autre para peut comprendre .
    Je lève la tête pour contrôler ce magnifique parachute auquel ma vie est accrochée . Tranquille je peu admirer le paysage , au loin la mer et les collines de Philippeville . Mais la terre vient vers moi et comme on me l'a appris je serre les jambes et les semelles de mes rangers sont a la même hauteur . Mes bras montent vers les angles des suspentes et je tire sur la voilure pour glisser plus vite vers le moniteur. Je touche le sol après avoir relâcher la voilure ce qui fait que mon atterrissage se fait en douceur et je me force a faire un roulé-boulé devant mon moniteur .
    Il me dis bravo , me laisse plier sommairement mon pépin et me file un grand coup de pied dans le cul en me précisant que l'armée n'a pas besoin de gugus qui font les malins . Puis il se marre et me dis que j'en serais quitte pour une bière au bar du CES .
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 13:50
 LA CATASTOPHE ET L'ARRIVÉE AU CES N° 1......


La Catastrophe .


< je ne sais plus comment c'est arrivé >

         Ce matin je me réveille dans un lit d'hôpital et un médecin me dit que je suis là depuis huit jours , que j'ai été amené inconscient et le suis resté jusqu'à aujourd'hui . D'après ce brave homme c'est une forme de paludisme mineur qui en principe n'aura pas de suite.
Un de mes sergents instructeurs
vient me voir et me précise que les classes sont terminées et que je ne retournerai pas au camp étant affecté au C.E.S N° 1 . Tans pis je ne serai pas un grand guerrier mais qu'importe je serai bien placé pour sauter . Et comme j'étais volontaire para pour le sport..... !

Le Centre d'Entraînement au Saut N° 1 .

Il se situe sur une colline dominant Philippeville d'un coté et le village arabe de l'autre . Sur la pente du coté de ce village un réseau de barbelés interdit l'accès a nos bâtiments . Sur l'autre pente , verdoyante et pleine d'eucalyptus se situent les agrès pour l'entraînement au saut . L'accès nord se fait par une route empierrée montant de la ville et nous pouvons joindre le haut de l'avenue principale par un escalier et un petit chemin empierré le long du terrain d'entraînement .
< Encore un grand trou de mémoire et la perte d'une partie de mes carnets de notes font que je ne sais plus comment je suis arrivé au CES N° 1 ni qui m'a accueillit >
    Je suis affecté au Service Aérien avec un ancien le C/c Braunsteffer et sous les ordres d'un adjudant pétochart avec la hiérarchie mais très sympa plutôt genre père de famille . Notre travail consiste a tenir a jour les carnets de sauts des anciens et produire ceux des futurs brevetés . Il faut aussi se propulser au terrain d'aviation pour contrôler les listes de sautants par avion et remettre cette liste au largueur qui nous la rend après le saut pour le pointage au bureau .
            En effet un para peut refuser de sauter, il faut alors le rayer de cette fameuse liste  " le Para G7 " . Le pauvre malheureux il est a plaindre car on le descend de l'avion , il doit se mettre au garde a vous devant les autres avec la chaleur qui monte et rend sa situation atroce . J'en ai vu certains vaciller et tomber , partir a l'infirmerie,dans l'indifférence
des "vrais" parachutistes . C'est a peine soutenable . Parfois il a la chance de se voir offrir un deuxième essais mais gare a lui s'il refuse une seconde fois . En règle générale c'est la mutation dans un régiment normal et même parfois un régiment disciplinaire .
(a suivre)

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 12:42
ALGÉRIE 1954 ....Les classes .......LE TIR ...

        Un de mes sports favoris reste le tir. Et pourtant avec des MAS 36 usés la précision est aléatoire La baraka, une amie celle là , fait que je touche une arme pas trop déglinguée .
       Nous avons droit à deux balles de réglage et après c'est le tir contrôlé par l'encadrement . < je ne me souviens plus de la distance des tirs > A la première balle je constate une petite déviation a gauche . C'est pas un coup de doigt , l'arme est trop lourde pour une telle bêtise de ma part et la déviation serait a droite . Je rectifie a la deuxième , c'est bon .
     Au commandement pour le tir contrôlé je tire mes cinq balles dans un temps très court et je me fais copieusement engueulé . Mes cinq balles sont dans la surface d'une carte a jouer . Le lieutenant me demande si je tire dans  le civil . Oui avec mon père , sur les rats a la campagne ,  à la 22long riffle . Le gradé me regarde bizarrement , me fais donner cinq balles et me dit recommence . Même résultat . En rentrant au camp j'ai le droit a un pot au bar des sous-off. Le F.M m'enchante moins et mes tirs sont moyens . Mais au moins je ne serai pas tireur au F.M , c'est drôlement lourd cette bête là !

           

Le "monstre" sur ses deux pattes . Pas très beau ! D'après les anciens et nos instructeurs il est très efficace , servit par un bon tireur .
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Présentation

  • : le blog de Jean Le Francilien
  • : journal d'un vieux raleur mais bon coeur , a fait son service militaire en Algérie 1954, 55,56 , ancien para pour le sport et pas pour la guerre , viscéralement a gauche pour la justice et la liberté .
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Profil

  • jean le francilien
  • suis raleur , critique, mais bon coeur . J'admets tres bien l'humour mªme sur mon physique de vieux pépé. J'aime la jeunesse qui en général me le rend bien . J'aime la vie avec passion !
  • suis raleur , critique, mais bon coeur . J'admets tres bien l'humour mªme sur mon physique de vieux pépé. J'aime la jeunesse qui en général me le rend bien . J'aime la vie avec passion !

Texte Libre

IL ÉTAIT MON AMI , MON CONFIDENT ......

..... NOUS NE T'OUBLIONS PAS MON TIGROO ......LA DOUCEUR MÊME ......CELUI QUI T'A TUÉ EST UN MONSTRE , IL PAIERA SA MÉCHANCETÉ .....

LE JARDIN DE MA FEMME 0222

Il était très beau ......RSCN0209                                              avec son frère ,ils ne se quittaient pas ....

LES-CHATONS 0627

Là,après le premier plomb,devenu borgne.....le deuxième dans l'oeil droit ,un an après , l'a tué !

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